Quelle moto acheter, en 1992, lorsqu'on avait moins
de 30.000,00 FF de budget (4.500€) ? En dehors
de certains trails (DR650, XT600K..) et d'une floppée
de 125, seuls quelques roadsters basiques, dont beaucoup
des pays de l'est, répondaient à ce critère
économique. Les MZ et Jawa sont de parfaits utilitaires
à prix min, mais pour le motard amateur de gros
cube, l'Ural 650 (parfois écrit Oural en français)
est le modèle idéal.
Cette moto russe au design aussi poussé qu'un
engin de chantier, mais aussi au charme désuet,
est une interprétation soviétique de
la BMW série 2. Pourtant, si elle est de conception
quasi « antique », l'équipement
de base est là. Mieux, l'Ural est dotée
d'équipement surprenant mais plutot pratiques:
Levier de remise au point mort, frein de direction
(pour durcir ou assouplir la direction selon le goût
de chacun ou l'état des routes) ou un selecteur
à double branche très utile compte tenu
de la qualité de la boite de vitesse.
Le
démarrage au kick, impressionne un peu de prime
abord. La respectable cylindrée du bicylindre
laisse craindre de grosses suées pour faire
craquer l'engin. Au final, l'Ural démarre plutot
bien, mais la prise en main n'est pas des plus aisées,
surtout en ville. Le gabarit est volumineux et la
maniabilité limitée. La boite pourrait
accentuer fortement ce handicap, mais force est d'avouer
que le selecteur double branche aide beaucoup à
la manier (à grands coups de savatte).
Un fois sortie du paysage urbain, cette 650 fait
beaucoup d'effort pour plaire, ou plutot pour se faire
oublier et permettre au pilote de profiter du paysage.
Son moteur tracte énergiquement de 50 à
140 km/h sur son 4ème et dernier rapport. Les
suspensions sont vite dépassées. Les
freins à tambour manquent cruellement de progressivité,
mais avec une bonne habitude et si l'Ural n'est pas
brusquée, elle reste stable et remplit plutot
correctement son rôle d'utilitaire.
Mieux, elle se fait presque voyageuse avec son moteur
sympathique capable d'enchainer les kilomètres
sur le couple et un confort de selle honnête
tant pour le pilote que pour son passager. Et si la
protection est inexistante, cela n'est pas reddhibitoire
vu la vitesse de croisière relativement modeste
(110-120km/h).
En 1992, autant qu'aujourd'hui, rouler sur une ancienne
(même neuve) avait un certain charme. Certes,
cette moto était dépassée sur
bien des points. Cependant sa bonne volontée
et le plaisir de rouler « vintage »
valait bien quelques concessions.