Lorsque
j'ai entamé mes recherches de documentations
sur l'Aprila Pegaso 600, j'ai été vraiment
surpris de voir à quel point les versions 650cc
avaient fait oublier le tout premier Pégase.
Il est vrai que le Pegaso est motorisé par le
rotax 650cc à refroidissement liquide depuis
1993 (14 ans de bons et loyaux services, ça marque).
Néanmoins, le 600, présenté en
1989 et commercialisé jusqu'en 1994, était,
ne l'oublions pas, le premier gros cube Aprilia à
à échapper à la tradition verte
de la marque de Noale.
Jusqu'ici, Aprilia nous avait gratifié de
très bons trails, mais toujours très
typé tout-terrain ou rally. Le 600 Pegaso fut
donc la première tentative routière
de la marque, tout en gardant ses gênes de trail.
La cible est clairement identifiée: Le Honda
NX 650 Dominator.
La ligne générale fait tout de suite
penser à la Honda. L'ensemble réservoir/carénage
tête de fourche est visiblement inspiré
et les volumes sont assez proches. La ligne est toutefois
un peu plus fluide et les coloris (bleu nuit et bordeaux
métalisés) plus classes. L'objectif
clairement annoncé était de proposer
une alternative plus routière, plus urbaine,
plus luxueuse (au moins dans la présentation)
de la dominatrice Dominator.
Pour cela elle s'offre un train avant inédit
avec une fourche inversée et une roue aux dimensions
réduites, lançant sans le savoir la
mode de la roue avant de 19 pouces (qui se généralisera
par la suite sur presque tous les trails routiers).
Et si ce train avant n'est pas sans défaut
(fourche un peu trop souple et rayon de braquage un
peu faible), il confère à se trail une
identité bien à elle en plus d'une belle
vivacité.
Le reste de la partie cycle est assez classique;
Le cadre est en tube d'acier de section carrée
et le bras oscillant associé à un mono
amortisseur de type APS.
La
motorisation est, comme très souvent chez Aprilia,
confiée à Rotax. Ce monocylindre de
562cc est toujours refroidi par air mais possède
tous les arguments d'un moteur moderne: Simple ACT,
4 soupapes, démarrage électrique et
au lick. Le résultat est très plaisant.
Le moteur coupleux et vif est un des meilleurs monocylindres
du marché. Il combine l'allonge d'un Yamaha
XTZ660 Ténéré et le caractère
d'un Honda 650 Dominator. Il bénéficie
d'une boite à 5 vitesses parfaitement étagée,
douce et précise même si le point mort
est parfois un peu difficile à trouver. Petit
point faible tout de même: le moteur a une légère
tendance à vibrer aux alentours de 5.000 trs/min
ce qui nuit un peu à l'agrément de conduite.
En selle, la moto fait dès les premiers kilomètres
preuve d'une belle agilité. Elle est très
saine sur l'angle, mais si le frein avant est puissant
et a un bon mordant, il met à mal la fourche
inversée un poil trop souple. Cette souplesse
est un plus en conduite coulée mais un petit
handicap lorsque le pilote attaque.
Coté confort, la selle est assez bien rembourrée
et l'embryon de pare-brise est efficace jusqu'à
120-130 km/h pas plus. Ce qui n'est absolument pas
réddibitoire pour un trail à vocation
urbaine/routière aux performances toutes relatives
(161 km/h en pointe). Contre partie de cette attirance
pour la route, la Pegaso devra, en tout terrain, se
limiter aux chemins carrossables; ses débattements
et sa roue de 19 pouces ne lui confèrent pas
de grandes capacités de franchisseuse.
Cette moto fut d'emblée une réussite.
Aprilia sut prendre le meilleur de ses motos vertes
pour proposer une nouvelle orientation de sa gamme.
La Pegaso avait du chien et faisait très bonne
figure face à ses concurrentes. Elle était
toutefois un peu chère (36800FF en 1990) face
aux japonaises. Elle cohabita durant ses 2 dernières
années avec sa remplaçante, la Pegaso
650 deuxième du nom, preuve qu'elle avait trouvé
son public.
Tanthallas
- Photos: Constructeur & Fréféric
GOUEFFON
Merci à Frédéric
GOUEFFON pour nous avoir autorisé à
utiliser les photos de son Pegaso 600 pour la conception
du montage ci-dessus.