Nul ne peut nier que la production motocycliste de
la Perfide Albion a dominé son marché
pendant de très nombreuses années. Et
sans doute, si le Japon n'avait pas, à la fin
des années 60, employé les grands moyens
pour lui voler le leadership, les nombreuses marques
britaniques seraient encore très présentes.
Aujourd'hui, malgré les efforts de beaucoup
de passionnés, certaines marques et modèles
ont sombrés un peu dans l'oubli; ou si elles
restent dans la mémoire collective, c'est de
façon un peu floue ou anecdotique. Ainsi, si
les noms de Thunderbolt, Black Shadow, Thunderbird
ou Lightning évoquent ces vieilles anglaises,
il n'est pas toujours facile d'y associer une marque,
une cylindrée, ou une architecture moteur.
La
BSA A65-1T également appelée Rocket
650 Thunderbolt fait partie de ces motos au nom évocateur
et sa présentation est un bon pretexte à
redécouvrir cette marque et ses bicylindres
émérites.
Cette
Thunderbolt apparaît en 1962 au sein d'une gamme
déjà étoffée. Le bicylindre
est décliné en 2 cylindrées de
500cc et 650cc (30 et 40 cubic inches). Le 500cc équipe
un modèle routier, la Royal Star A50 et le
scrambler WASP A50W. La gamme 650 est, elle, forte
de 4 modèles: 2 sportives dénommées
Spitfire et Lightning, un Scrambler Hornet et la routière
Thunderbolt qui se distingue techniquement de la sportive
Lightning par l'emploi d'un seul carburateur Amal
concentric de 28mm de diamètre.
Le
moteur est un bicylindre 4T culbuté (2 soupapes
par cylindre) calé à 360° associé
à une boite de vitesse à 4 rapports.
Ce moteur, issu des A7 (500cc) et A10 (650cc) du début
des années 50, n'évoluera que très
peu durant sa longue carrière. Puissant pour
l'époque la version 650cc bicarburateur développe
une petite cinquantaine de chevaux. Le Firebolt et
son carburateur unique est par conséquent un
peu moins puissant bien qu'il soit difficile de trouver
des données fiables sur ce point.
Sa
fiabilité était, comme le veut la légende,
parfois mise à défaut, surtout à
cause des matériaux employés pour certaines
pièces, comme par exemple les bagues de palier
du vilebrequin qui étaient fabriqués
en bronze et usaient souvent prématuremment.
Mais cette fragilité est relative, si l'on
considère la fiabilité générale
des motos de l'époque. Il faudra l'arrivée
des productions japonaises pour vraiment creuser l'écart
technologique et écorner l'image des motos
anglaises.
Sous
les coups de boutoir de l'industrie nippone proposant
des modèles puissants, fiables et économiques,
BSA est contraint de déposer le bilan en 1971.
Epaulée par Triumph, la marque continuera à
produire ses bicylindres encore quelques années,
ainsi que le célébre 750cc 3 cylindres
Rocket III (frère jumeau du Triumph Trident
T150)
Devenue,
aujourd'hui, rare sur les routes françaises,
la Thunderbolt reste une très digne représentante
de la tradition motocycliste britannique et fait toujours
briller le regard des connaisseurs.