Le
premier modèle d'Alazzurra a été
présenté en 1983. Le groupe Cagiva, qui
s'est rapproché récemment de Ducati (avant
un rachat pur et simple de la marque en 1985) pour la
fourniture de moteurs, souhaite produire une routière
sportive sur la base du Pantah XL 350 et 650cc. Le moteur
et la transmission du Pantah ont tout de même
du être adoucis pour une utilisation routière.
Outre les 2 cylindrées, 2 variantes ont été
commercialisées. Une version « SS »
équipée d'un carénage tête
de fourche et une version GT munie d'un carénage
intégral (notre photo).
En dynamique, l'Alazzurra inspire confiance. La moto
fait preuve d'une grande stabilité et la maniabilité
est, néanmoins, préservée grace
aux pneus de sections modestes au regard des pneumatiques
de nos motos actuelles. Les suspensions AV et AR Marzocchi
donnent entière satisfaction. Elle restent
fermes pour une utilisation GT, mais préservent
la précision de la partie cycle lorsque le
rythme s'élève. Le freinage est confié
à 3 disques de 260mm corrects, sans plus.
Le meilleur de cette moto vient de son moteur. Celui-ci
développe environ 56 chevaux à 8.500
tr./min. (donnée contestée sur certains
sites web annonçant 45 chevaux). Cette puissance,
quoique modeste, est délivrée de façon
rugueuse et avec son lot de vibrations qui charment
instantanément le pilote.
L'oreille n'est pas en reste, Cagiva ayant eu le
bon goût de garder la sonorité rauque
du Pantah et permet, tant au conducteur qu'au spectateur,
de faire le plein de sensation.
En usage quotidien, le tableau est un peu moins flatteur.
Comme beaucoup de moto italienne de l'époque,
l'Alazzurra est loin de la finition des motos japonaises.
Les pièces de carénages ne sont pas
toujours ajustées avec une grande précision
et le tableau de bord a tendance à vibrer fortement,
revers de la médaille de son caractère
moteur.
Ce 650 avait l'immense mérite d'offrir aux
motards un vrai moteur Ducati dans une partie cycle
moins exclusive que celle du Pantah.