Impossible
de ne pas la comparer à une Ferrari.
La nouvelle 851 peut, comme ses cousines
à 4 roues de Maranello, provoquer
d'un simple regard l'émotion,
la magie, la passion... ce petit "je
ne sais quoi" éveillé
par les machines nobles et racées.
Comment ne pas craquer devant cette
robe rouge flamboyant, presque soumis
à cette italienne enivrante de
sport.
Quand la première
851 débarque en 88, les solutions
techniques et mécaniques qu'elle
adopte, son design mais aussi son tarif
élitiste la démarquent
très vite du reste de la production.
Cette évolution est un pas plus
important de la diva vers le grand public.
Il y a surtout ce nouveau coloris, sublime,
et franchement plus agréable
que l'ancienne déco
vert-blanc-rouge. Ensuite, le modèle
90 s'améliore sur bien des points.
Les rétros ne sont plus intégrés
et remplacés par des modèles
classiques, fixés sur le haut
du tête de fourche. Les jantes
16" démontables deviennent
des 17" standard, peintes en blanc
pour s'harmoniser avec le cadre de la
même couleur. Quel contraste avec
l'habillage de la moto !
Les pots sont des éléments
en inox doublés d'alu qui ne
feront absolument pas regretter les
anciens. Les disques de frein ont bien
grandi, pour afficher maintenant 320
mm de diamètre.
Pour le coeur de la moto, c'est moins
visible et plus technique. Le twin desmoquattro
n'est plus équipé que
d'un seul injecteur par cylindre. L'embrayage
à sec gagne un amortisseur de
transmission tandis que son maître-cylindre
récepteur passe de droite à
gauche. En partie grâce à
l'augmentation du taux de compression
(10,4 -> 11 à 1), le moteur
sort 105 ch soit 3 de plus qu'auparavant.
Le châssis évolue aussi,
avec un bras oscillant de structure
différente, une nouvelle suspension
arrière, un disque de frein plus
petit, et une batterie qui se déplace
vers l'avant pour le charger un petit
plus.
Une des étapes les plus importantes
fut de revoir en grand le processus
de fabrication. En ne rognant ni sur
la qualité, ni sur les performances
(c'est même le contraire), la
Ducati perd quasiment 2 plaques sur
son coût d'achat. Pas mal pour
une machine qui s'est amélioré
de partout. Aujourd'hui, on peut se
l'offrir pour moins de 10 briques.
Ceux qui ont connu la première
851 retrouveront leurs marques.
Position de conduite identique, à
la fois sportive et agréable,
secondée par un excellent jeu
de commandes. L'émotion commence
sitôt le moulin en route. Les
pulsations du twin font dans la vocalise,
moins profondes mais plus virulentes
que celles d'un 900 SS. Cette moto qui
grogne attire immédiatement l'attention
de votre entourage. Capital sympathie
assuré auprès des curieux
et des filles ; moins d'enthousiasme
de la part des voisins.
En action, la superbike n'a pas changé.
Elle est toujours aussi précise
et légère mais demande
de l'autorité au guidon. Cette
particularité permet d'accélérer
très fort sur l'angle pour s'extraire
des virages. Y rentrer debout sur les
freins sera légèrement
plus chaud, bien que la roue de 17"
améliore bien le train avant.
On en aura profité pour goûter
à l'excellent freinage Brembo.
La puissance comme le feeling sont de
très bonne facture ; l'arrière
est plus timide.
Suffisamment coupleux pour enrouler,
le bicylindre attend tout de même
de dépasser les 6 500 tr/mn pour
cracher ses gros watts. Poignée
vissée à fond, la moto
dépasse les 230 chrono. Il envoie
le bouilleur italien ! Belles lignes
droites, grandes courbes, la 851 ne
bouge pas d'un cil - la stabilité
guide la moto. Ce bouffage de kilomètres
permet de juger la protection : décente,
et un peu plus au niveau des mains.
Sur piste, la Ducati révèle
ses points faibles. La transplantation
de la batterie n'a pas eu de réelle
incidence sur la direction. Une grosse
accélération déleste
trop le train avant. Son senti est alors
plus flou mais pas suffisamment pour
rendre la main.
La motricité est excellente,
d'autant que la machine est pourvue
d'origine de très efficaces Michelin
TX 11 et 23. Entre les vibreurs et quelle
que soit les difficultés techniques,
la stabilité et la précision
de la 851 font merveille. Tout cela
à un prix et c'est le pilote
qui rince. La moto est fatigante et,
bien que son pilotage soit un grand
moment de plaisir, elle apparaît
physique à emmener. Tâchez
de limiter l'improvisation - la moto
ne donne le meilleur d'elle-même
que si on la pilote avec assurance.
Sa rigueur, son comportement sportif,
ferme et sûre ne craignent pas
les routes de qualité moyenne.
Ce n'est pas la moto mais les suspensions
qui vous feront ralentir ou changer
de route.
La suspension n'a pas la souplesse
d'une routière et votre corps
comptera toutes les bosses qui passent
sous les roues. Autre chose, le défaut
de l'ancienne génération n'a pas disparu, à savoir une
prédisposition à se relever
lors d'une prise de freins imprévue
sur l'angle, même si la monte
en 17" a amélioré
les choses.
L'école
italienne de design a toujours su faire
de superbes créations et la 851
ne déroge pas à la règle.
Très belle, doté d'un
comportement rigoureux, d'un moteur
vivant et performant, d'une voix fascinante
et offrant un plaisir presque indécent,
la Ducati "Superbike de route"
est une moto fascinante. Que peut-on
vouloir de plus ?
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
internet) |