Inspiré
par le succés de la Yamaha TDR 250 et des compétitions
de monobikes et de supermotards, Gilera sort en 1991
la première moto homologuée commercialisée
sous l'étiquette supermotard. L'idée est
de proposer un trail sportif 100% dédié
à la route.
Pour se faire, il reprend certains éléments
de son trail endurisé RC 600. Ainsi la Nordwest
et la RC partagent les mêmes bases moteurs et
bras oscillants. Le cadre est également très
inspiré du RC, néanmoins, ses cotes
sont légèrement revues et il est cette
fois conçu avec du tube de section ronde en
lieu et place de celui à section carré.
C'est d'ailleurs ce cadre qui sera ré-utilisé
en 1992 pour l'évolution du RC600 (moins orienté
enduro que le premier modèle).
Sur
cette base, le constructeur adapte une paire de roues
qu'une supersportive ne renierai pas, équipées
de pneus de 120/60-17 à l'avant et 160/60-17
à l'arrière. A titre de comparaison,
Honda utilisait la même taille de pneus l'année
suivante pour sa CBR600, première de sa catégorie
à passer les 100 chevaux.Les freins sont également
à la hauteur: 2x 270mm à l'avant pincés
par des étrier 2 pistons et un simple disque
de 240mm à l'arrière. Autant dire que
la Nordwest tient parfaitement la route et freine
magistralement.
Le moteur, s'il n'a pas la fougue d'un CBR, subit
tout de même une petite séance de gonflette
et prend 5 chevaux de plus que celui du trail auquel
il est emprunté. Cette évolution lui
permet de gagner beaucoup en allonge. Il a peu d'inertie
du fait de sa relative « petite »
cylindrée (ce 600 n'est en fait qu'un 558cc).
Il fait donc preuve d'une très bonne vivacité
à haut régime(entre 5000 et 8000 tours/min),
mais reste récalcitrant en dessous de 3000
tours. A l'essai, ce moteur laisse l'impression que
Gilera a tenté de donner un petit goût
de ce « pousse au crime » de
TDR 250 à son 600: La gniak d'un gromono à
mi-régime avec en plus du pep's en haut. Et
le résultat est plus que plaisant.
La moto ne dépassant pas 140kg à sec,
le moulbif n'a aucune peine à griller à
peu près tout ce qui bouge tant que l'horizon
n'est pas trop dégagé.
Extrême
maniabilité, freinage d'outre-tombe font de
cette machine la reine des virolos. D'autant plus
que le train avant est un exemple d'équilibre.A
aucun moment, la stabilité ne semble sacrifiée
à cette maniabilité.
Le modèle 600 est secondée dans certains
pays (mais pas en France) par un modèle 350cc
à la partie cycle et à l'habillage identique.
Au final, la Gilera Nordwest est une moto fun et
facile. Et si elle était la première
du genre, peu ont atteint depuis ce niveau. Car bizarrement,
à l'époque, pratiquement aucun grand
constructeur ne suivit la marque italienne sur ce
créneau (mis à part en catégories
125cc).
Tanthallas - Photos : nordwest.rapidmouse.com