Inutile
d'espérer résister
- une fois que vous avez croisé
son regard, vous n'aurez de cesse
d'être captivé par
cette sportive d'un autre genre.
Une moto pur sport, certes, mais
bien plus. Et pourtant, pour qui
? Une 400, c'est bon pour le Japon.
Que viendrait-elle faire chez nous,
où on ne peut l'engager dans
aucun championnat ? La réponse
est simple : la VFR 400 R n'est
pas venu pour remporter des courses
mais gagner le coeur des amoureux
de belles machines et de belles
mécaniques. Un palmarès
? Sa grande soeur RC 30 s'en est
déjà occupé.
Elle, n'est venu que pour faire
taper le palpitant un peu plus fort.
Les
peintures de guerre sont à
l'appréciation de chacun.
Pour le reste, ça oscille
entre le magnifique et le "Ouhaouhhh
!". Outre la qualité
de fabrication irréprochable,
la VFR 400 R assure peu de répit
à une liste d'équipements
et de spécificités
copieuse et suggestive. Vous croyez
avoir une petite RC 30 sous les
yeux ? La silhouette, le cadre alu
de type diamant, le monobras et
l'inscription V4 n'en finissent
pas d'entretenir le doute. Quel
plaisir de contempler cette jante
dans toute sa splendeur, révélée
par le monobras caractéristique
et dénudée de son
échappement implantée
à gauche (sa lointaine cousine 750 VFR n'a pas droit à tant de légèreté).
Pneus radiaux, double disque de
296 mm avec étriers à
4 pistons, échappement tout
inox... Ces attributs très
sport ne font que souligner l'esprit
qui transpire de la NC 30 (son nom
de code). Même son coeur est
inspirée par le grondement
d'une des meilleures pistardes du
Superbike (la RC). Un V4 de 399
cm3 vit dans les entrailles de la
VFR et, une fois réveillé,
si son chant est plus aiguë
que celui du 750, ses battements
demeurent caractéristique
à l'architecture des VFR-R.
Pistarde
de sang, elle met pourtant tout
de suite en avant la philosophie
Honda quand on l'enfourche : commandes
idéalement placées,
mise à l'aise très
rapide ; avec en prime une position
de conduite sport mais moins radicale
que celle de la RC 30. Quelques
kilomètres de départementales
mettent rapidement en avant les
qualités de la partie-cycle
et du moteur. Ce dernier est d'ailleurs
étonnant pour un 400. Bien
sûr, il n'a pas un couple
monstrueux, mais il est très
utilisable et répond à
la main droite même sous 8
000 tr/mn, la zone où il
se dévoile réellement.
Il ne met pas longtemps pour s'y
rendre - une fois passé ce
cap, on a droit à une bonne
poussée, jusqu'à que
l'aiguille atteigne le régime
de puissance maxi. A 12 500 trs,
le V4 sort 60 ch et il peut encore
monter dans les tours. Pour autant,
on ne cherche pas à faire
taper l'aiguille dans la zone rouge
et les rapports s'enchaînent
avant. Dans le chapitre "hargne
dans les tours", une Kawa
ZXR 400 est plus convaincante.
Imperturbable sur la route, la VFR
400 R incite rapidement à
se rendre sur circuit. On sent que
c'est là bas que l'on prendra
réellement son pied. Ne vous
l'a t'elle pas assez susurrée,
avec sa protection minimaliste,
son confort réduit, la fermeté
de ses suspensions et sa première
vitesse longue comme un train de
marchandises...
Si l'on se fait franchement plaisir
sur route, on se régale sans
limite à piloter la VFR 400
R sur circuit. Légère
comme tout (- de 200 kg tous pleins
faits) et d'une précision
redoutable, la machine est aussi
impressionnante que jouissive à
emmener entre les vibreurs.
Quelque
soit la trajectoire, elle reste
soudée et parfaitement guidée.
Un outil, qui se pilote au doigt
et à l'oeil et fait la part
belle au pilotage. Quant à
la qualité du freinage, elle
est au diapason de l'ensemble des
prestations de la machine. Parfait
le tableau ? Presque. La sélection
des rapports de boite manque de
précision. Dommage, et bizarre
pour une Honda. Vous ne voyez rein
dans les rétros ?!? Et alors,
vous vous en servez sur la piste
?
Ne
tournons pas autour du pot. La Honda
VFR 400 R est tout simplement une
machine à faire rêver
le pilote. Bien sur, elle est très
chère pour une 400 ; et en
plus, sa diffusion sera limitée.
Bien sur, sa cylindrée est
déroutante et son positionnement
ambiguë. Et pourtant, on ne
peut que s'extasier devant elle,
et qu'être conquis par la
griserie de son pilotage. Mettez
vous à son guidon avant de
réfléchir - Dans un
rêve, les chiffres ne parlent
pas...
M.B
(inspiré par le texte de B. Sebileau
Moto-journal n° 999 -
photos internet
Simon J.Ewans) |