A la fin des années 60, les japonais font
une entrée remarquée dans l'univers
du gros 4 temps avec le Honda CB750K. Jusqu'alors,
les fortes cylindrées à soupapes restaient
l'apanage des marques européennes (anglaises,
allemandes et italiennes). En quelques années,
Honda et Kawasaki s'accaparent le haut de gamme avec
les évolutions du CB750K et avec le Z900A.
L'industrie anglaise peine à trouver sa place
entre les moins de 500cc et les plus de 750cc nippons.
Le coup de grâce est donné en 1976 avec
la présentation de la surprenante Z650. Commercialisé
en 1977, ce modèle vient épauler les
grosses Z (900 puis 1000). La mission de ce midsize,
dessiné par Gyoichi Inamura, est de proposer
de bonnes qualités routières et sportives
tout en étant plus sobre que les fameuses 2
temps H1 et H2 (la crise pétrolière
étant passée par là). Le cahier
des charges pourrait se résumer ainsi: la Z650
ne doit être ni trop lourde, ni trop gourmande,
avoir un tempérament sportif tout en permettant
de couvrir de longue distance sans fatiguer son pilote.
Le
moteur est de conception moderne pour l'époque:
4 cylindres, 4 temps, refroidi par air et équipé
d'un double arbre à came en tête, mais
ne possède, cependant, que 2 soupapes par cylindre.
Il développe 64 chevaux dans sa première
version et s'avère d'emblée fiable et
endurant.
La partie cycle est saine et plutot agile, mais n'est
pas non plus un modèle de perfection. Bien
qu'équipée des la première année
d'un frein à disque, le freinage reste perfectible.
Ainsi, si la base moteur ne sera véritablement
retouchée qu'en 1981 (67 chevaux, puis 69 en
1983), chaque millésime verra ses petites modifications
en terme de freinage: un deuxième disque à
l'avant, puis un disque à l'arrière
en remplacement du tambour, des disques percés
pour un meilleur freinage sous la pluie, etc, etc,
...
La ligne, elle, est réussi. Le style sobre
matiné d'une pointe de sportivité lui
donne un look intemporel. Il lui permettra d'ailleurs
de passer les années sans prendre une ride,
tout au plus se verra-t-elle relookée gràce
à des jantes en alliage.
Le Z650 sera décliné en 1979 et se
chopperisera légèrement avec la version
SR. Les différences ne seront pas flagrantes
et le «SR» ne marquera pas les esprits
plus que cela. Un Z reste un Z qu'il ait un grand
guidon ou pas.
S'il a grandement participé au déclin
de la moto anglaise, force est d'avouer qu'on ne peut
en vouloir au Z650. Nombre de motards ont fait leurs
premières armes en gros cube avec cette moto
facile et joueuse. Elle tirera sa révérence
en 1984 pour laisser sa place aux hyper modernes GPZ
550cc puis 600cc mais garde , encore aujourd'hui,
une image sympathique et des souvenirs inoubliables
aux vieux briscards.