Les marques
italiennes savent pour beaucoup méler la tradition
et le modernisme. Ainsi des marques telles que Ducati
ou Moto Guzzi on leur architecture moteur fétiche
depuis des lustres mais régulièrement
remis au goût du jour.
Le V2 de Moto Guzzi est aujourd'hui son plus grand
atout. Et pourtant, cette architecture a été
pour la première fois utilisée par l'aigle
de Mandello del Lario en 1967 sur sa V7 700. Ce moteur
a évoluer à plusieurs reprises jusqu'en
1990. C'est à cette date que le V2 a surement
subi la mutation à laquelle il doit d'être
encore en activité à ce jour: l'injection
électronique.
Le premier modèle à en bénéficier
est la placide et classique California III, en version
standard et en version CI (Carénage Intégral).
Cela n'empèche pas Guzzi de lui offrir ce qui
se fait de mieux en matière d'injection à
cette époque: un système allumage-injection
Weber-Marelli quasi identique à celui présent
sur les supersportives Ducati 851.
Dès
la prise en main, certains détails surprennent,
comme la disparition de l'appareil de musculation
qui servait de poignée de gaz. Avec l'injection
électronique, le moteur vrombit toujours autant,
mais la poignée est enfin douce. Le ralenti
est beaucoup plus stable qu'auparavant et la moto
chauffe tranquillement sans caler. A tout niveau,
le moteur a gagné en souplesse. Pour autant,
le moteur n'a pas perdu de son caractère. L'IE
en a simplement gommé les aspects négatif:
plus de trou ou de temps de retard à l'accélération,
un moteur qui reprend beaucoup plus bas mais toujours
le même caractère en haut. Seule la boite
de vitesse reste en retrait. Toujours très
lente, elle impose de connaître son mode d'emploi.
Mais en conduite coulée, elle se fait oubliée,
tant que l'on dé&compose bien le mouvement.
Le nouveau moteur permet de se concentrer, bien plus
qu'avant, sur le plaisir de conduite et les atouts
de la partie cycle. Celle-ci est étonnament
maniable au regard du poids et du gabarit de l'engin.
Comme toute Guzzi qui se respecte, elle privilégie
tout de même la stabilité à l'agilité,
mais ce trait de caractère colle bien à
sa vocation de GT à l'américaine. Le
confort est «pullman» et le freinage intégral
(une exclusivité Guzzi, Honda s'y mettra beaucoup
plus tard) est très rassurant. La California
III CI est une véritable invitation à
la ballade. Avec une vitessse de croisière
qui oscille entre 130 et 140 km/h avec passager, armes
et bagages (valises et topcase de série), elle
peut vous emmener au bout du monde en toute décontraction.
Cette version à carénage intégral
a un autre atout indéniable: son coût.
À 77.700 FF à sa sortie en 1990, c'est
certe une moto chère, mais très compétitive
face à ces concurrentes directes (Honda GoldWing,
Yamaha Venture ou HD FLHS). De plus, l'injection électronique
apporte encore un petit plus budgétaire. La
California est devene un vrai chameau avec 4,9 litres
aux 100km en conduite tranquille le réservoir
de 25 litres permet plus de 500kms d'autonomie.
Suivant sa politique de mise à jour régulière,
Moto Guzzi maintient encore aujourd'hui la California
à son catalogue, aujourd'hui en 1100cc mais
toujours avec son V2 historique.