Le nom de
« Le Mans » est, chez Moto Guzzi,
étroitement associé aux modèles
sportifs. Il serait difficile d'en être autrement,
puisque le nom de cette ville sarthoise au circuit renommé
arbore les caches lattéraux des sportives de
Mandello del Lario depuis plus de 30 ans. La seule exception
à cette règle fut le 1100 commercialisé
entre 1995 et 2001, simplement dénommé
« Sport ».
Et pourtant,
la 850 Le Mans première du nom ne faillit jamais
voir le jour.
Cette première
Le Mans est le fruit du travail de 2 formidables ingénieurs
ayant officié chez Moto Guzzi. Tout d'abord,
Giulio Cesare Carcano, concepteur de l'emblématique
V8 500cc mais également du bicylindre V7 ancêtre
des moteurs Guzzi de ces 40 dernières années;
Et Lino Tonti, ingénieur non moins talentueux,
qui travailla dès son arrivée en 1967
sur le moteur V7 qui devriendra le V7 Spécial
et sur le 850 de la Le Mans. Tonti sera également
à l'origine de la partie cycle de la grosse sportive.
Les cadres Tonti seront d'ailleurs utilisés pendant
de nombreuses années tant pour les motos Guzzi
à petits blocs (350 à 750cc) que sur les
grosses cylindrées (850 et 1000cc).
Les premières
ébauches du projet Le Mans datent de 1971-1972.
Forte de la réussite des V7 Sport, et par la
suite des 750S et S3, la marque compte bien capitaliser
sur l'image de ces modèles et surtout sur leurs
bonnes performances en course. La 850 est basée
sur le nouveau moteur du 850T auquel on aurait appliqué
les recettes accordées aux 750 sportives (arbre
à cames plus performant, soupapes plus grandes,
augmentation du taux de compression, carburateurs Dell'Orto
de grand diamètre...). Ce nouveau moteur doit
permettre à Moto Guzzi de revenir dans la course
à l'armement. Car si les 750 sont déjà
globalement très performantes, les 53 chevaux
de la S3 commencent à faire pale figure face
aux grosses japonaises et aux Ducati SS.
Le projet
est lancé lorsqu'en 1972, la firme (déjà
économiquement fragilisée dans les année
60) est rachetée par l'homme d'affaire italien
Alejandro De Tomaso. Celui-ci déjà propriétaire
de la marque Benelli a la volonté de se battre
sur le terrain des marques japonaises en sortant des
modèles multicylindres hauts de gamme et surtout
en rationnalisant la production des marques. Ce projet
étant considéré comme prioritaire,
il passe bien avant le remplacement du V7. Malheureusement,
les Benelli/Guzzi ne sont pas une réussite commerciale.
Pire, le caractère des V2 fait qu'ils se vendent
mieux que les nouveautés de luxe de groupe Tomaso.
Pragmatique, l'homme d'affaire n'insiste pas dans cette
voie et remet dès 1975 le projet Le Mans sur
les rails.
L'épopée
"Le Mans" pouvait commencer.
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