L'évolution
de 1987 est la version qui a été commercialisée
le plus longtemps puisqu'elle a été commercialisée
jusqu'en 1995. Et pourtant, elle est loin d'être
la plus produite (les 2 versions 1000cc cumulées
ont été produites à seulement 6.393
exemplaires). On pourrait polémiquer pendant
longtemps sur la légitimité de la nommer
Le Mans V puisqu'il s'agit d'une version 4 simplement
corrigée et débarrassée de ses
plus gros défauts. En France ces 2 modèles
ont été commercialisés sous l'appellation
« 1000 Le Mans » et seules les
850 arboraient le numéro de leur version sur
leur flanc.
Cette
version « V » abandonne pour le
bonheur de tous la roue de 16 pouces et revient à
une classique 18 pouces, qu'elle n'aurait jamais du
abandonner. La « Le Mans » retrouve
ainsi sa sérénité et son caractère
unique et atypique comparé à la production
sportive de l'époque. Les guzzistes peuvent à
nouveau profiter du caractère moteur et des vibrations
qui résonnent tout près du coeur gràce
à ce nouveau train avant qui se fait oublier.
Toutefois
le train avant ne bénéficie pas que de
cette seule modification. En effet, Moto Guzzi a profité
de cette 4ème évolution pour modifier
l'habillage de sa sportive. Le carénage tête
de fourche est dorénavant fixé au cadre
et n'est plus solidaire de la fourche (de 40mm). Et
si cette modification n'a l'air de rien (la protection
et l'esthétique de la moto n'en sont pas franchement
métamorphosés), elle est une réponse
tout aussi efficace à la recherche de maniabilité
que la mal aimée roue de 16 pouces de la version
précédente. Cette modification a pour
conséquence de ne pas alourdir le train avant
lorsque la vitesse s'élève, mais ne fait
pas non plus de la « Le Mans »
un véritable vélo; C'est une sorte de
bon compromis entre la volonté d'améliorer
la maniabilité sans lancer la marque dans de
couteuses modifications de la partie cycle, que ne peut
plus vraiment se permettre la marque.
La
« Le Mans V », si elle ne peut
plus offrir les derniers gadgets à la mode, elle
n'en reste pas moins une moto qui délivre de
vraies sensations et continue de ravir bons nombre de
passionnés en en s'attaquant à la fibre
traditionnaliste. On ne roule pas en Le Mans parce qu'il
s'agit de la meilleure sportive, la plus performante
ou la plus high tech mais à cause d'un moteur
qui tracte, qui vibre et raisonne dans la poitrine du
pilote. La moto est bourrée de défauts:
une poignée de gaz trop dure, une béquille
lattérale spécialement conçue pour
énerver le guzziste, des suspensions arrières
trop sêches..., mais les sensations moteur font
tout oublier.
Les années
80-90 sont financièrement très dures pour
la marque. Elle subit de nombreuses restructuration
et passent entre plusieurs mains durant les années
90. En 1995, en pleine tourmente et incertitude, Moto
Guzzi sortira tout de même une remplaçante
à la « Le Mans ». Dérivée
de la luxueuse et rare 1000 Daytona, fruit du passionné
Dr John Wittner. Elle prendra le nom de 1100 Sport,
manquant ainsi la rupture avec la série Le Mans.
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