Durant
la seconde moitié des années 80, aucun
des constructeurs moto n'aurait voulu laisser sa place
à ses concurrents sur le marché du trail,
stimulé par le succés des courses de
type rallye africain.
Motoguzzi, bien que n'ayant pas les capacités
industrielles des constructeurs japonais, sort tout
de même sa gamme de gros trails « africains »:
Le NTX.
Cette gamme sera déclinée en 3 cylindrées
(350, 650 et 750cc) techniquement très proches.
En effet, les NTX utilisent le petit bloc Guzzi ainsi
que le cadre « Tonti » également
utilisé pour les petites routières.
Le 750cc lui bénéficie d'un habillage
un peu plus travaillé que ses 2 petits frères,
bien que déjà désué à
sa sortie; Ces lignes faisant plus référence
à l'ancien Yamaha 600 Ténéré,
qu'au moderne Superténéré 750.
Il n'en reste pas moins que le NTX fait preuve de
belles qualités. Le moteur bien que moins puissant
que ces concurrents est très coupleux et tracte
généreusement. Nul besoin d'aller chercher
la zone rouge pour tirer le meilleur de ce rustique
moulin. Le bicylindre préfère évoluer
dans une plage de régime de 3000 à 6000
trs/min; Ce qui est parfait pour un usage quotidien.
La partie cycle se montre équilibrée
tant que le pilote n'oublie pas qu'il est assis sur
un gros trail. Le cadre d'origine routière
s'accorde bien avec les suspensions trail et assure
une bonne stabilité (caractéristique
des routières de Mandello). Toutefois la fourche
pompe beaucoup sur les gros freinages. Surtout lorsque
le réservoir (plastique) de 30 litres est plein.
Ce dernier a d'ailleurs une grande influence sur le
comportement de la machine. Avec 10 ou 12 litres d'essence,
le gros bidon plastique se fait oublié et la
moto se ferait presque maniable. Par contre une fois
passé à la station essence, le centre
gravité de la moto sérieusement relevé
impose plus de prudence lorsque les virages se ressèrent.
La protection est excellente, la bulle haute renvoie
le flux d'air au dessus des épaules, seul le
casque subit les remous de l'air aux abords de 140-150km/h.
Les jambes restes bien au sec grace aux cylindres
et à l'astucieux (mais pas forcément
très esthétique) petit deflecteur fixé
sur le double berceau. Seul l'énorme réservoir
(encore lui) aura tendance à concentrer l'eau
au niveau de l'entrejambe; ce qui est assez désagréable
quand on se fait surprendre par la pluie. La selle
est moelleuse est confortable.
Un trail routier au couple généreux,
au poids relativement contenu, équipé
d'un cardan et dun gros réservoir; cela aurait
pu en faire un beau succés commercial. Malheureusement,
la concurrence commercialisait des modèles
offrant plus de puissance et une image plus moderne
pour un prix preque identique. Seules les commandes
de l'état italien pour équiper ses services
de police ont permis à MotoGuzzi de garder
ce modèle dans sa gamme jusque dans les années
90.