A l'orée de années 70, Moto Morini
effectua un de ses plus étonnants virages.
Alors que son Fondateur Alfonso Morini avait tiré
sa révèrence quelques années
plus tôt (décédé le 30
juin 1969), la marque, reprise par sa fille Gabriella
et renforcée par l'embauche du designer Franco
Lambertini (ex-Ferrari), développe un moteur
qui portera haut ses couleurs pendant plus de 20 ans.
Les
ingénieurs motoristes conçoivent une
architecture la plus souple possible afin de développer
une gamme complète de moteurs. Ainsi, cette
base permit le développement de moteurs V2
de 250 à 500cc, mais également de monocylindres
de 125 et 250cc. Ces derniers étant tout simplement
amputés de leur cylindre arrière.
Le V2 longitudinal a un angle de 72°. Ce choix
est imposé par le cahier des charges; les concepteurs
souhaitant un moteur équilibré, ne vibrant
pas excessivement (gage de fiabilité) et également
un moteur qui ne soit pas trop encombrant (permettant
de concevoir des motos à l'empattement plutôt
court). Ce moteur doit être fiable, simple,
performant mais également économique
tant en coûts de développement qu'en
coût de production. Le choix s'est donc porté
sur une culasse simple arbre à came en tête
entrainé par courroie et actionnant 2 soupapes
par cylindre.
En 1972, ce moteur tout d'abord décliné
en 350cc équipe une petite routière:
la GT. Elle prendra dès l'année suivante
le nom de "Strada" et sera déclinées
en version Sport en 1974. Et cette moto en d'entrée
une réussite. Le style est plutot sobre, mais
de bon goût. Sans avoir l'exubérance
de certaines de ses concurrentes, beaucoup de regards
se retournent à son passage.
La partie cycle est, comme son moteur, de conception
simple. Le maître mot étant, ici encore,
d'employer des techniques éprouvées.
Le cadre est un double berceau en tube d'acier et
à l'empattement court. Les suspensions sont
signées Marzocchi et les jantes à rayons
sont associées à des freins à
tambours. Par la suite, le modèle Sport et
certaines Strada (sous l'appelation T) gagneront des
jantes Grimeca et un frein à disque à
l'avant. La moto est petite et l'empattement court
lui donne une vraie agilité.
Le moteur de la GT et des premières Strada
développe 35 chevaux. Celui-ci est vif et enthousiaste
dans les hauts régimes. De surcroît,
il est très sobre. En conduite tranquille,
le 350 se sastisfait d'un peu plus de 4 lites au 100
kms. Il fait de la GT et des premières Strada
des modèles d'économie en ces temps
de crise pétrolière.
Le modèle Sport a droit à un régime
de faveur. Apparu en 1974, il bénéficie
d'un arbre à came en tête plus agressif
et d'un taux de compression qui passe de 10:1 à
11:1. il gagne ainsi 4 chevaux pour une puissance
maxi culminant à 39 chevaux. Ces modifications
apporte un plus en vitesse de pointe et en accélération,
mais ne change pas véritablement le comportement
général de la moto. Elle doit beaucoup
plus son appellation Sport à sa ligne et à
quelques accessoires indispensable à toute
bonne sportive de l'époque. Ainsi elle gagne
une paire de bracelets fixés sous le té
de fourche superieur, une selle spécifique
ainsi qu'un frein avant ventilé plus efficace
que celui des GT et Strada.
Moto Morini utilisera pour de nombreux modèles
(voir Liste
des modèles), jusque dans les années
80, cette base fiable et efficace qui ne fut remplacée
qu'en 1988 par la 350 Dart conçu en collaboration
avec Cagiva (suite au rachat de Moto Morini par les
frères Castiglione en 1987), mais toujours
avec le moteur 350cc (gonflé à 400cc
en 1990).
Ce V2 de 350cc servira également
à la gamme trail notamment pour la propulsion
des modèles Kanguro et pour les Custom Excalibur
et New York; le moteur se parant pour l'occasion de
carter chromés.