Bienvenue dans la
grande cour
Présentée
depuis 3 ans, la MZ 1 000 S pose
enfin ses roues sur l'asphalte et
non plus uniquement dans les salons.
Pari osé pour la marque allemande
car il s'agit de son premier gros
moteur en 4 T - et auparavant, MZ
n'est jamais allé au-delà
de 300 cm3 pour ses moulins. Le
moteur qui équipe la 1000
S est un twin parallèle,
du type des Yamaha 850
TDM ou TRX.
Il délivre la puissance de
114 ch - valeur suffisante mais
qui ne bouscule aucunement les valeurs
phares de la catégorie. Mais
dans quelle catégorie la
placer cette MZ ? L'allemande n'est
a priori pas à sa place dans
la très disputée famille
des hypersportives actuelles : le
poids d'abord ; 210 kg à
sec, rein à voir avec le
régime drastique des japonaises.
Ensuite, la position à bord
n'est pas radicale, certains éléments
sont même ajustables pour
plus de confort - Les poignets ne
souffrent pas tellement et, chose
perdue chez les sportives modernes,
la protection est au rendez- vous.
Une certaine confusion demeure dans
la philosophie de l'allemande :
autant nous venons de voir que la
1000 S jouait plus dans la catégorie
des sportives de "tourisme",
autant certains détails affirment
une orientation plus "racing",
telle la boite de vitesses extractible.
Le moteur a bien sa patte perso.
Vigoureux, il offre sa puissance
avec sensations mais sans brutalité,
comme un gros muscle en action,
avec de surcroît une belle sonorité...
qui disparaîtra sûrement en
France (les pots ne seront pas les
mêmes dans notre présipauté).
La plage d'utilisation s'avère
tout de même un peu juste
pour ce
type de motorisation (env. 3 500
trs) ; ainsi, la boîte sera
régulièrement sollicitée.
Celle-ci (machine de présérie)
sera à peaufiner car les
3 premiers rapports sont quelque
peu coriaces. Pas de reproches en
revanche pour la gestion moteur.
L'injection a été
bien programmée et ça
se sent. Les vibrations aussi, elles
se sentent - au point qu'il faudrait
peut penser à les atténuer
un peu. La partie-cycle fait appel
à un cadre à structure
tubulaire au chrome molybdène,
une bonne grosse fourche inversée
Marzocchi et un bras oscillant renforcé.
La géométrie de la
moto reste conventionnel et pourtant,
elle fait preuve d'une belle maniabilité
qui lui font oublier son "petit"
embonpoint. La machine est également
très stable et se double
d'un comportement efficace. Si le
freinage est très largement
suffisant - il faudra plus s'occuper
du frein moteur, un peu "caractériel".
La MZ 1000 S est une bonne moto,
qui souffre seulement d'un déficit
d'image et d'une position un peu
"entre deux chaises".
Ce n'est pas l'engin pour faire
fondre le chrono mais plus pour
se faire plaisir à la manière
des SS de Ducati. Le design très
tranché se chargera de convaincre
les indécis, dans un sens
ou dans l'autre. |