Arrivée dans
les concessions françaises en 1989 (introduite
au japon en 1988), le Suzuki GSX 750F, premier du nom,
arrive pour combler un vide dans la gamme du constructeur
japonais.
Le GSX-R 750 avait en 1985 ruiné la carrière
des GSX-ES et EF en rendant ces motos d'à peine
2 ans, aux qualités certaines, complètement
obsolètes. Ces deux modèles sportifs,
mais aux qualités routières intactes,
disparurent du catalogue dès 1987, ne laissant
la place qu'à la supersportive GSX-R. L'absence
de routières modernes de 750cc aux cotés
de la sportive et de la grosse routière sportive
GSX1100F laisse une grande place à la concurrence
( Honda VFR750, Kawasaki GPX ou Ducati Paso ).
Pour se battre à nouveau sur le terrain
des routières a tendance sportives, Suzuki
n'y va pas par quatre chemins, prend le meilleur
de sa gamme et s'inspire de la concurrence, tout
en maintenant le cap de sa politique de prix ultra
compétitifs. Ainsi, le 4cylindres sera celui
du GSX-R de 1988 et se voit modifié pour
répondre aux exigences routières du
F: plus de souplesse et un meilleure rendement sur
les régimes intermédiaires (au détriment
de la puissance en haut bien évidemment).
La puissance atteint tout de même 100chevaux
à 10.500 trs/min (La puissance annoncée
passera par la suite à 92ch) pour un couple
de 7,5 mkg 1.000 tours plus bas. Un tel berlingot
hisse tout de suite la petite nouvelle au niveau
du luxueux Honda VFR. Moins souple que le V4 Honda,
il a su gardé une part du caractère
rageur du R et offre des performance de haut niveau
(+230km/h).
Pour
la partie-cycle, Suzuki s'est contenté de
développer un cadre périmétrique
(à double berceau démontable) en acier,
simple, peu onéreux à la production
mais efficace. La fourche conventionnelle de 41mm
de diamètre a un débattement de 125mm,
tout comme le mono amortisseur réglable en
détente et précharge. L'accord des
suspensions et la géométrie du cadre
assure un bon compromis entre maniabilité
et stabilité sans être exempt de tout
reproche (fourche un peu souple).
La partie freinage, quant à elle, est composée
d'un double disque de 290mm à l'avant pincé
par des étriers à 2 pistons et d'un
simple disque de 250mm (étrier monopiston)
à l'arrière. Ces composants procurent
un freinage efficace, rassurant pour les débutants
mais parfois considéré comme manquant
de mordant et d'endurance par les plus sportifs.
L'ensemble fait preuve d'une très bonne homogénéité,
rendant la machine agréable au pilotage et
accessible au plus grand nombre dans le cadre d'une
utilisation purement routière .
L'esthétique
singe quelque peu la concurrence avec un habillage
qui enferme complètement les organes mécaniques
que la machine, à la façon des Honda
CBR ou Ducati Paso. La ligne reste néanmoins
suffisamment originale pour être reconnue
de suite. Plus ronde , plus ramassée qu'un
VFR, elle est distancée par la famille Honda
(VFR et CBR) sur le terrain de la qualité
perçue et de la finition. La qualité
des plastiques est moins heureuse que chez la concurrence
et ces derniers se rayent et vieillissent plus vite.
Suzuki paye ici sa politique de prix bas. Les coloris,
eux, sont restés assez sobres (noir, gris,
rouge), bien que le F ait subi comme le reste de
la gamme, les décorations « Tag »
des années 1992-1993.
En proposant une routière
sportive 25% moins chère (44.096 FF en 1990)
que sa concurrente directe (57.996 FF pour une VFR,
la même année), le constructeur a très
vite était excusé des petites lacunes
de finition ou d'équipement (absence de montre,
béquille centrale... ). Preuve de sa réussite,
ce premier GSX 750F restera au catalogue de l'importateur
français jusqu'en 1998, date de sortie de
sa première grosse évolution esthétique.
Ses caractériqtiques techniques n'évoluèrent
que très peu durant ces 9 années,
se drapant avec le temps dans un costume de routière
économique, fiable et sans histoire, laissant
à d'autres le soin de se battre sur le terrain
des routières sportives (Suzuki RF600 &
RF900 sorties respectivement en 1993 et 1994).