Son
championnat 250
Une
petite fusée bleue vient
de passer à plus de 200 à
l'heure en miaulant dans les sur-aiguës.
On se dit alors : "Tiens, Schwantz
est en train de roder sa machine
de course... Sur route ouverte,
c'est bizarre quand même !?!".
La vérité est toute
autre. Et en s'approchant de ce
petit bolide prénommé
250 RGV, on se rend vite compte
que si ce n'est pas la machine de
Kevin, elle s'en inspire fortement.
De plus, quand on apprend que c'est
un moulin de 249 cm3 qui pousse
la machine à une vitesse
pareille, on aboutit très
vite à une certaine conclusion
: voila une sacrée petite
sportive. Mais c'est en vente libre
?
Eh
oui, monsieur ! Un jouet de compétition
qui transpire l'arsouille entre
les vibreurs par toutes ses jointures
de carénage. Elle vous séduit,
elle vous attire, elle vous interdit
de voir autre chose que sa silhouette
racée, son gros cadre périmétrique
en alu et ses grandes pistes de
freinage. Une fois le souffle revenu,
votre oeil découvre les 2
échappements typiques à
un 2-temps... Ça y est, vous
n'avez plus qu'une envie, mettre
du gaz à son guidon.
C'est que Suzuki a tout prévu
pour faire de cette RGV une vraie
petite bête de course. Un
cadre aux parois large comme ça,
des disques flottants de 290 mm
de diamètre pincés
par des étriers à
4 pistons, un bras oscillant en
alliage d'alu sérieusement
dimensionné, des pneus radiaux
que l'on croirait piqués
sur une machine de bien plus forte
cylindrée et, le fin du fin,
un
superbe radiateur d'eau de forme
concave qui semble provenir tout
droit d'une machine d'usine.
De quoi refroidir sans souci le
bicylindre à trous de cette
pistarde. Une mécanique planqué
derrière le carénage
et un impressionnant bordel de durites.
La filiation racing se retrouve
également dans la boite de
vitesses, extractible sans qu'il
ne soit nécessaire de sortir
le moteur. Chaque cylindre, non
chemisé mais bénéficiant
d'un traitement de surface Suzuki
Boron Composite semblable au
procédé Nickasil,
est équipé d'une valve
à l'échappement et
d'un carbu de 32 mm. Un berlingot
bouillant de 58 chevaux qui se charge
de propulser cette machine légère
de 156 kg... tous pleins faits et
prête à rouler. Ça
y est, vous avez fait Tilt !
Pour
les pilotes de taille moyenne (entre
1 m 70 et 75), la RGV propose une
position de conduite excellente,
très sport et idéale
pour l'attaque. Elle n'en est pas
pour autant inconfortable et permet
d'envisager de faire de la route.
Les commandes sont bien placés,
la souplesse du twin et la petite
dose de couple disponible, la légèreté
de la machine et son freinage exemplaire
autorise des incursions en ville
et les balades dominicales. Se faire
plaisir est rapidement à
portée d'enthousiasme mais
il faut rouler - Avec des guidons-bracelets
aussi bas, les avants-bras souffrent
rapidement si l'on reste trop longtemps
à des vitesses bucoliques.
Et la protection minimale de la
bulle n'incite pas à enquiller
des trajets autoroutiers version
high-speed. Cette 250 est une pistarde
de sang et ça se sent. Ses
qualités routières
sont étonnantes. La Suzuki
est très stable et très
précise et dévoile
un potentiel digne d'une machine
de course. Les suspensions absorbent
plutôt bien les aspérités
de la route, sauf sur tarmac défoncé
où la fourche peut talonner,
du fait d'un amortissement ferme
et du faible débattement.
Quelques imperfections empêchent
toutefois de prendre la réelle
mesure des capacités de la
RGV. L'embétant : une monte
pneumatique d'origine trop faiblarde
pour une utilisation circuit (mais
excellente sur route) et une boite
de vitesses manquant de précision.
C'est dommage car le moteur fait
preuve d'une très belle santé.
Il aime les tours et vous le chante
en changeant de mélodie une
fois passé les 8 500 trs.
Les valves d'échappement
libèrent alors complètement
les flux gazeux et les 58 bourrins.
En perfs, elle se bat au coude à
coude avec une Kawasaki KR1, sa
principale rivale avec la Yamaha
TZR.
Une
sacrée belle bête cette
250 RGV, qui tient super bien le
pavé, qui freine avec excellence
et qui offre de sacrées performances.
Soyez tout de même prêt
aux joies particulières qu'entraine
cet engin 2-temps : une consommation
complètement irraisonnable,
et dans un autre registre, cette
boite au fonctionnement à
revoir. Oubliez le passager, ce
sera plus sympa pour lui. Avec cette
sportive, on a bien le droit de
se faire plaisir en égoïste. |