Et cette nouvelle a fort à faire avec les
hordes italiennes, comptant dans leurs rangs les pseudo
nippones Honda NSR-R et Yamaha TZR-R. Car le RG125F
est la seule représentante 100% japonaise de
cette catégorie; Yamaha et Honda préférant
délocaliser (une partie de) la conception et
la production de leurs petites sportives dans leur
filiale italienne respective.
Fidèle à sa politique commerciale de
l'époque, le constructeur d'Hamamatsu est bien
décidé à en offrir autant que
ses concurrents pour moins cher. Aussi, il combine
savamment des technologies de pointe capables de placer
le RG au niveau des italiennes, mais aussi rappelant
sa soeur
RGV250 et
des technologies plus classiques et donc moins onéreuses.
Ainsi, le cadre est de type périmétrique
, mais reste en acier (à l'instar des Gilera
SP et au contraire des Aprilia AF1 Futura et Cagiva
Mito utilisant l'aluminium). Suzuki ne cède
pas non plus au monobras oscillant de la Futura, mais
propose néanmoins un bras banane pour attirer
les sportifs en herbe. La fourche Upside Down s'est
démocratisée, le RG y aura donc droit.
Le
reste de la partie cycle n'étonne pas vraiment.
Un gros disque de frein avant, un disque à
l'arrière, des jantes alliages à 3 branches,
mais des pneumatiques d'une largeur un peu plus modeste
que la concurrence pour l'arrière (120/80-17).
Cette taille un peu étriquée s'explique
sûrement par une volonté de conserver
une bonne maniabilité et un coût contenu.
Ainsi équipé, la petite RG étonne
par son bon compromis stabilité/maniabilité/confort.
Coté moteur, Suzuki, pragmatique, ne propose
aucune technologie révolutionnaire mais un
monocylindre tout simplement moderne, efficace et
sans fioritures. Il est d'ailleurs à noter
que ce moteur équipe également les trails
TSR dans une version retravaillée. Suzuki a
donc opté pour des cotes très classiques
(56mm x 50,6mm) comme la majorité de ses concurrents
(sauf Honda et Aprilia). Refroidissement liquide,
valve à l'échappement, et démarreur
électrique (le précédent RG n'avait
droit qu'au kick) sont de la partie. Toutes ces caractéristiques
donnent au final une bonne trentaine de chevaux et
un facile 160 km/h compteur. La version française
ne peut se targuer de ces chiffres mais bridé
à 13 chevaux, le RG125F fait preuve d'une nervosité
sympathique à mi-régime à défaut
du souffle original.
Rien ne vient réellement entacher le bilan
technique de cette machine. Le RG125F ne surclasse
pas la concurrence, mais tient fort honorablement
la comparaison. Néanmoins, la plastique de
l'engin sera beaucoup plus sujet à débat.
La ligne de carénage dans l'air du temps ne
choque personne, même si la coque arrière
ne brille pas par une ligne très dynamique.
La critique vient surtout des coloris et de la décoration
de cette sportive. Les premiers millésimes
ont droit à des coloris qui agressent l'oeil
avec des flancs de carénages blancs ou noirs
tagués à la bombe jaune, bleue ou fushia.
Et si cette bizarrerie esthétique ne pénalisa
pas vraiment les RGV250 et GSX750-R de la même
période, « taguées »
elles aussi, le RG125F en a peut-être un peu
plus souffert en terme de volume de ventes.
Vendue aux alentours de 28000 FF (env. 4300€)
à sa sortie, elle offrait des prestations proches
de ses concurrentes, malgré une finition un
peu inférieure aux italiennes, pour environ
6000 à 7000 FF de moins (env. 1000€).
La logique aurait voulu qu'elle s'impose. C'était
sans compter sur la politique de l'extrême des
marques italiennes. Les ritales étaient plus
puissantes, plus rapides, plus nobles, plus charismatiques...
Des critères importants pour les jeunes sportifs,
cibles toute trouvées pour ce genre de produits.
Cette base fut déclinée tout d'abord
dans une version dénudée appelée
Wolf mal connue chez nous. Une version 200cc fut également
proposée sur certains marché (en version
carénée et naked). Dans cette cylindrée,
la moto gagnait beaucoup en dynamisme dans les mi-régimes;
les 75cc supplémentaires bénéficiant
surtout au couple sur toute la plage d'utilisation.
Le RG125F tira sa révérence en 1995-1996
sans être remplacée; Suzuki préférant
se concentrer sur des 125cc 4T plus économiques
ou sur le RGV250.
Tanthallas
- Photos: Constucteur