La concurrence à cette période est
atone. Les marques italiennes n'ont pas encore sorti
leurs mini missiles (Aprilia AF1, Cagiva Freccia C9,
Gilera KK) qui feront exploser ce marché en
le faisant entrer dans l'ère de l'extrême.
Honda peaufine sa NSR125 qui sortira en 1987 en même
temps que le trio d'italiennes. La concurrence, cette
année là, se compose essentiellement
d'une modeste mais réussie Kawasaki AR125 et
d'un ténor: Le Yamaha RD 125 LC.
D'un point de vue marketing, le constructeur japonais
semble vouloir refaire le même coup qu'avec
le GSX-R
et le RG500
:
proposer un modèle aux attributs sportifs beaucoup
plus visibles que les modèles concurrents.
Et à sa sortie, le résultat semble réellement
efficace: Une esthétique proche de la 250cc,
un cadre visiblement inspiré de ses grande
soeurs et un monocylindre reprenant les même
cotes que le bicylindre 250cc ( 54,0x54,0 ).
Ce carénage est quasiment une première
sur une 125 de série. La Kawasaki propose un
carénage tête de fourche et le Yamaha,
rien de plus que le phare carré (il faudra
attendre le TZR de 1987 pour avoir un vrai carénage).
La Suzuki opte, elle, pour un carénage presque
intégral. Le « presque »
a son importance, puisque le modèle de base
est vendu sans le sabot. Les sportifs n'hésiteront
pas une seule seconde pour s'offrir cette option,
mais force est de constater que la RG
sans sabot offre une ligne déjà très
sympathique. La partie arrière est taillée
à la serpe dans la plus pure ligne esthétique
des Suzuki de l'époque (très loin des
canons actuels). Ce nouveau modèle est sans
conteste la 125 sportive la plus sexy de l'année
1985.
Une fois en selle, le gabarit de cette moto impressionne.
Impressionne par ses dimensions réduites. Encore
une fois, les canons italiens ont complètement
chamboulé l'image que le motard d'aujourd'hui
a d'une 125 sportive. Le RG
accuse 95kg sur la balance (97kg pour le RDLC et 107kg
pour l'AR) et offre du plaisir de conduite plutôt
que de flatter l'égo du pilote en cherchant
à se faire plus grosse qu'une 250.
Coté partie cycle, le cadre inspiré
du 250 est un cadre acier à double longerons
et double berceau. Il est largement dimensionné
pour encaisser la cavalerie du monocylindre. La fourche
est classique (le temps des UPSD est encore loin)
sans fioriture et reçoit une roue de 16 pouces
équipée d'un disque de frein de 260mm
largement suffisant pour stopper la bête. La
partie arrière reçoit un moderne système
full floatter, mais la roue arrière se voit
équipée d'un simple frein à tambour.
Une partie cycle mélant classicisme et modernisme
et misant beaucoup sur la maniabilité de l'engin
(même si les manoeuvres à l'arrêt
étaient pénalisées par le rayon
de braquage proche du ridicule).
Le moteur reprend un peu la même recette: une
base moteur simple matinée de modernisme. Le
monocylindre 2T à refroidissement liquide reprend
les mêmes cotes de son grand frère 250.
Il se contente d'un démarrage au kick simple
et fiable mais s'équipe par exemple d'un graissage
séparé ou du systeme EPC « Exhaust
Power Chamber ». Ce système consiste
en une chambre d'expansion placée devant la
culasse permettant de rendre le moteur moins creux
en bas sans nuire aux hauts régimes. Difficile
de dire si cette technologie fut efficace. L'histoire
se rappellera beaucoup plus de système de valve
de Yamaha (YPVS) tentant de résoudre le même
problème.
En version libre, ce 125 développe 25 chevaux
pour un gros 110kg avec les pleins. Autant dire qu'il
a la santé. Très expressif, le RG125
donne beaucoup de plaisir aux pilotes en herbe. La
moto est joueuse, plutôt bonne freineuse et
créditée d'un bon 140 km/h en vitesse
de pointe pour autant qu'on arrive à se caler
derrière le carénage plutôt étroit.
Son gabarit est au quotidien son plus gros handicap.
La position de conduite est étriquée
et fatigante sur moyenne/longue distance; le passager
est lui aussi très mal loti avec une selle
courte équipée d'une simple sangle pour
le tenir et des cale-pieds haut placé. Qu'importe,
à 17 ans, age légal pour conduire cette
125cc en France (en version 13cv), ces détails
ne compte pas. Un vrai carénage de compétition,
un pot de détente équipé d'une
cartouche alu du plus belle effet.
Cette RG
fit un démarrage tonitruant et se doublera
même d'une version 80cc (9,5cv) jusqu'en 1987
où la concurrence lâcha une véritable
bande de fauves qui éclipsera rapidement la
Suzuki. Plus grosses, plus puissantes, plus extrêmes,
elles étaient surtout beaucoup plus chères.
La RG
sera vendu en france jusqu'en 1991 à un prix
inférieur à 18.000FF (2.750€) quand
les italiennes flirtaient avec les 30.000FF (4.500€).
L'année suivant, elle fut remplacée
par la RG125F
,
réponse du constructeur à Honda et aux
italiens.
.
Tanthallas
- Photos: Constucteur