Lorsqu'en
1983, la FJ 1100 est dévoilée au public,
le département marketing de la marque aux diapasons
choisit de la positionner sur le créneau des
grosses supersports. Commercialisée en 1984,
la FJ1100 se retrouve opposée à des concurrents
qui, malheureusement, disposent d'arguments bien plus
convaincants. Non pas, que la FJ soit une mauvaise moto,
mais son style sobre et sa technologie éprouvée
mais classique semblent ne pas être en mesure
de charmer les motards sportifs face aux Honda VF1000R
ou autres kawasaki GPZ900R Ninja aux moteurs refroidis
par eau et aux styles nettement plus aggressifs.
Qu'à cela ne tienne, plutot que de se lancer
dans une bataille perdue d'avance ou de revoir sa
copie à la hâte, Yamaha choisit de repositionner
son modèle sur le segment des routières
sportives. Et ce repositionnement marketing est surement
la meilleure chose qui ait pu arriver au FJ, compte
tenu de ses qualités évidentes en la
matière et de sa robe très classique.
Le chassis en tube d'acier de section carré
semble inspiré de certains modèles Bimota
de l'époque et fait du FJ une moto stable et
sécurisante. Le confort de suspensions est
excellent et la selle plutot moelleuse. Le freinage
est le plus souvent jugé « plus
que suffisant ». Une façon modeste
de décrire le très bon travail des 3
disques de 282mm pincés par des étriers
à simple piston. La partie cycle n'est pas
un modèle de vivacité mais compense
par une belle facilité.
Le
groupe propulseur à sa sortie développe
125 chevaux pour 10,3 mkg de couple. Ce 4 cylindre
est refroidi par air et accueille un haut moteur double
ACT actionnant 16 soupapes. Afin de contenir, au mieux,
la largeur du moteur, alternateur et démarreur
sont déportés à l'arrière
du bloc cylindre. Enfin, la puissance est transmise
à la roue arrière par l'intermédiaire
d'une chaine; le cardan ayant été écarté
à la conception du fait de sa vocation première
de sportive. Doté d'un fort caractère,
ce moteur sera dès l'année suivante
bridé à un peu plus de 95 chevaux conformément
à la nouvelle législation française
limitant la puissance des motos à 100 chevaux
maximum. Et si ceux qui ont pu essayer les deux versions,
notent une nette atténuation du caractère
musclé et rageur, le 1100 bridé reste
largement suffisant pour emmener son pilote, un passager
et les bagabes à très bon train sur
longue distance.
D'ailleurs le FJ se taille très rapidement
une réputation de dévoreuse de kilomètres.
Sa stabilité naturelle et le souffle de son
moteur lui permettent de très longs périples.
Toutefois, la protection du carénage est son
petit point faible. La bulle assez inclinée
et courte ne protège pas suffisament les grands
gabarits (encore un héritage de ses origines
sportives). Les versions suivantes (1200cc) recevront
d'ailleurs plusieurs bulles différentes au
fur et à mesure des évolutions. Le FJ
sera également souvent attelé, preuve
de ses qualités de sa partie cycle mais aussi
de son moteur.
Le succès commercial du FJ 1100 sera évident
dès la première année, surement
gràce à ce repositionnement marketing.
La version 1100 sera remplacée en 1986 par
une version 1200cc plus coupleuse et puncheuse qui
méritera bien une fiche motoplanete pour elle
toute seule ; )